Les livres sans Code Barre, Les Oeuvres Complètes de Jean-Jacques Rousseau
Les livres anciens sont de véritables trésors. Contrairement aux ouvrages modernes marqués par des codes-barres et les contraintes de l'édition contemporaine, ils portent les traces de leur époque : une reliure façonnée à la main, un papier qui a traversé les temps, une typographie singulière, parfois des annotations ou des ex-libris qui racontent le parcours de leurs anciens propriétaires.
Chaque exemplaire est une pièce unique, un témoin vivant de l'histoire, qui invite à un voyage dans le temps. C'est aussi un objet singulier, qui se distingue dès le premier regard. Cette tonalité s'inspire de l'univers des grands libraires de la rive gauche ou de la tradition des bouquinistes : sobre, exigeante, sans nostalgie appuyée. L'idée n'est pas d'opposer le livre ancien au livre moderne, mais de rappeler qu'il appartient à une autre temporalité, où chaque exemplaire est un objet singulier plutôt qu'un article standardisé. Parfois on y trouve une feuille volante annotée, un marque page improvisé, il parle beaucoup plus qu'on ne le pense.
Cette fois je partage avec vous l'édition Furnes et Houssiaux des Oeuvres Complètes de Jean-Jacques Rosseau, en quatre volumes, datée de 1853, juste pour le plaisir...
Les Oeuvres Complètes de Jean Jacques Rousseau en 4 volumes, édition de 1853
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Ces quatre ouvrages réunissent à eux seuls l'intégralité de l'oeuvre de Rousseau, enrichie d'annotations qui ont fait référence avant que les éditions de La Pléiade ne deviennent le repère tacite de tous les lecteurs
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Ils sont un brin vieillis mais témoignent de la permanence de l'influence du philosophe au XIXᵉ siècle. Cette édition rassemble les textes qui ont façonné la pensée moderne : philosophie, politique, pédagogie, musique, botanique, autobiographie et littérature s'y répondent dans une œuvre d'une exceptionnelle unité.
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On y retrouve notamment Du contrat social, Émile ou De l'éducation, La Nouvelle Héloïse, les Confessions, les Rêveries du promeneur solitaire et les principaux discours, autant d'écrits qui continuent d'interroger les fondements de la liberté, de l'éducation, de la sensibilité et du lien social.
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Plus qu'une simple collection de textes, cet ensemble constitue une véritable bibliothèque de la pensée des Lumières. Dans une édition du milieu du XIXᵉ siècle, ces volumes offrent le charme des livres conçus pour durer : une typographie soignée, un papier de qualité et une présence matérielle qui invite autant à la lecture qu'à la contemplation.
- Il s'ouvre sur un portrait de Jean-Jacques Rousseau, d'après Maurice Quentin De la Tour, préservé par un papier de soie
- Les ouvrages sont tous illustrés, on retrouve notamment le portrait de D'Alembert
- Ou ceux de ses personnages, ici Héloïse
- J'ai apprécié cette vue de Venise...
- Chaque illustration raconte un monde...
J'aurais préféré trouver les Oeuvres de Voltaire...
- J'ai toujours éprouvé une certaine déception à la lecture de Rousseau. Je reconnais l'importance de son œuvre et l'influence considérable qu'elle a exercée sur la pensée moderne, mais son goût pour l'introspection, son pathos et sa quête d'une authenticité parfois si absolue me laissent à distance.
- Je me sens davantage chez moi avec Voltaire : son esprit, son ironie, sa clarté d'expression et son refus des illusions me paraissent plus convaincants. Là où Rousseau cherche à émouvoir, Voltaire éclaire ; là où l'un s'abandonne aux élans du cœur, l'autre oppose la vivacité de l'intelligence et le sourire critique. C'est sans doute une affaire de tempérament autant que de philosophie.
- Rousseau et Voltaire incarnent deux sensibilités des Lumières : l'un privilégie le sentiment, la nature et la sincérité intérieure ; l'autre défend la raison, la tolérance, l'esprit critique et la liberté contre les fanatismes. Préférer Voltaire ne revient pas à minimiser l'importance de Rousseau, mais à se reconnaître davantage dans une autre manière de penser et d'écrire.
- C'est donc pour Voltaire que j'ai passé du temps (et j'ai gardé tous ses livres bien sûr), celui de ma maîtrise sur son installation dans ses Terres, à Ferney, à la frontière Suisse, au moment précis où il écrit "Il faut cultiver son jardin", et définitivement j'adopte cette devise (rires)
Rousseau...
- Preuve que Rousseau m'a toujours déçue : le tome trois de ses oeuvres, consacré à la botanique, ne présente aucune illustration (rires) !
- J'aurais tellement aimé découvrir un paysage, un extrait d'herbier, un dessin personnel... Rien. Je sais bien qu'il n'y est pour rien et que c'est l'éditeur qui a fait ce (non) choix. Mais cela m'a évoqué tout de même le plaisir d'une exposition qui lui était consacré, lors d'une fête de la Rose à l'Abbaye Royale de Chaalis... Je vous en parlais ici click
Aimeriez vous que je vous présente d'avantage de "Livres sans code barre" ?
- Ces quatre tomes viennent juste d'entrer dans ma bibliothèque, je les ai trouvés dans une "Boîte à livres". C'est pour cela que je me permets de dire que j'aurais préféré découvrir les oeuvres de Voltaire.
- Mais le hasard a mis beaucoup d'autres beaux ouvrages anciens sur mon chemin...
- Et vous, aimez vous les livres anciens ? Avez vous une boîte à livres chouchou ?
- Préférez vous Rousseau ou bien Voltaire ?
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